jeudi 2 mai 2013

Introduction aux peuples de la lumière

Il était une fois... le Merveilleux

Qu'est-ce que le Merveilleux ?

        Contrairement au Fantastique, qui suppose l'incursion d'éléments surnaturels dans un quotidien ordinaire, le Merveilleux tient pour acquise l'existence d'éléments magiques qui constituent la trame de sa narration. Si le Fantastique instille chez le lecteur ou le spectateur le doute et l'effroi, le Merveilleux lui procure le rêve et l'enchantement - même si le rêve peut, à l'occasion, tourner au cauchemar, et l'enchantement au sortilège.

        Le Fantastique traite de situations par définition impossibles, et qui pourtant surviennent, contre toute raison, tandis que le Merveilleux, alors même qu'il évolue dans un univers purement imaginaire, s'affirme comme authentique. Naturel, en un mot.

        Historiquement, on associe le Merveilleux à la culture du Moyen Âge, où les croyances aux fées, elfes, lutins et sirènes faisaient partie de la vie quotidienne. On croyait aux fées comme on croyait au diable. Ce n'est qu'avec le temps et le développement de la raison rationnelle, et du culte de la science, que les croyances de jadis sont devenues des légendes transmises par les récits du folklore. Mais la raison et la science, malgré les espérances du siècle des lumières, n'ont pas réponse à tout.

        A la foi médiévale, empreinte de religion mais aussi de Merveilleux, ont succédé le doute et la peur contemporains, tissés d'agnosticisme mais aussi d'éléments fantastiques, comme autant de brèches dans le Réel. Les Anciens croyaient aux fées, et parfois les voyaient. Les Modernes ne croient plus en rien, mais ils redoutent ce qui se dissimule derrière ce rien, et lui attribuent un visage grimaçant.



Un regain d'intérêt.

        Renouer avec le Merveilleux, c'est bien sûr renouer avec le monde de l'enfance et de la pensée magique, dans laquelle le désir est créatif, et le Réel, une concrétisation du rêve. C'est aussi contribuer à réenchanter le monde en posant sur lui un regard d'émerveillement.

        De fait, l'engouement récent pour les quêtes initiatiques, les aventures chevaleresques et les univers féeriques et légendaires –qu'il s'agisse de la redécouverte, par le livre ou au cinéma, de la geste du roi Arthur et des chevaliers de la Table ronde, du Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, de la saga Star Wars ou des recettes de sorcellerie enseignées dans l'étrange école fréquentée par Harry Potter – montre bien que le Merveilleux, loin d'être une vieille lune poussiéreuse, propose des réponses parfaitement adaptées aux défis de notre monde orphelin de sens et de valeurs.

        De nombreuses créations contemporaines s'inspirent d'ailleurs ouvertement de cet environnement merveilleux – à travers les jeux de rôles, les romans d'Heroic Fantasy, les feuilletons télévisés ou le cinéma -, empruntant souvent leurs motifs à des sources anciennes que le public, friand de ces fictions imaginaires, ne connaît pas toujours.



Les peuples du Merveilleux.

        Tel est donc l'objectif de cette encyclopédie virtuelle : livrer, de façon précise, authentique et documentée aux sources les plus fiables, l'origine et la description des éléments composant l'univers merveilleux : les peuples de la lumière, les animaux du bestiaire fantastique et les peuples de l'ombre.

        Entendons-nous bien : la frontière entre ombre et lumière n'est pas aussi tranchée, dans l'univers du Merveilleux, que notre raison le souhaiterait. L'on s'en apercevra vite en parcourant les pages qui suivent ; si les peuples de la lumière sont composés des glorieux anges, des bonnes fées et des gracieux elfes, ils comportent aussi les nains difformes, les redoutables gobelins et les cruelles sirènes. Les créatures de Féerie ne sont jamais totalement bonnes ni totalement méchante ; elles n'ont aucune notion de morale humaine, et affichent des visages souvent paradoxaux.

        De même, si les recherches ont ici été limitées à la culture occidentale – car il existe également un Merveilleux asiatique, oriental ou amérindien, tout aussi riches que le nôtre -, elles ont toutefois été étendues aux mythologies gréco-romaines, celtiques, germaniques et nordiques, ainsi que, parfois, à des cultures extra-européennes, lorsque certains éléments d'un Merveilleux étranger étaient venus enrichir le nôtre ; c'est pourquoi on trouvera un article sur les djinns orientaux, comme on en trouvera sur les faunes latins, les dieux nordiques, les nains germaniques ou les lutins bretons.

        Il est temps de tourner la page, et de plonger dans cet univers merveilleux, non sans avoir prononcé la phrase rituelle, qui ouvre tous les enchantements : « Il était une fois... »


« Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. »
[Ismaël Mérindol, Traité de Faërie, 1466]

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