Il était une fois... le Merveilleux
Qu'est-ce que le Merveilleux ?
Contrairement
au Fantastique, qui suppose l'incursion d'éléments surnaturels dans un
quotidien ordinaire, le Merveilleux tient pour acquise l'existence
d'éléments magiques qui constituent la trame de sa narration. Si le
Fantastique instille chez le lecteur ou le spectateur le doute et
l'effroi, le Merveilleux lui procure le rêve et l'enchantement - même si
le rêve peut, à l'occasion, tourner au cauchemar, et l'enchantement au
sortilège.
Le
Fantastique traite de situations par définition impossibles, et qui
pourtant surviennent, contre toute raison, tandis que le Merveilleux,
alors même qu'il évolue dans un univers purement imaginaire, s'affirme
comme authentique. Naturel, en un mot.
Historiquement,
on associe le Merveilleux à la culture du Moyen Âge, où les croyances
aux fées, elfes, lutins et sirènes faisaient partie de la vie
quotidienne. On croyait aux fées comme on croyait au diable. Ce n'est
qu'avec le temps et le développement de la raison rationnelle, et du
culte de la science, que les croyances de jadis sont devenues des
légendes transmises par les récits du folklore. Mais la raison et la
science, malgré les espérances du siècle des lumières, n'ont pas réponse
à tout.
A
la foi médiévale, empreinte de religion mais aussi de Merveilleux, ont
succédé le doute et la peur contemporains, tissés d'agnosticisme mais
aussi d'éléments fantastiques, comme autant de brèches dans le Réel. Les
Anciens croyaient aux fées, et parfois les voyaient. Les Modernes ne
croient plus en rien, mais ils redoutent ce qui se dissimule derrière ce
rien, et lui attribuent un visage grimaçant.
Un regain d'intérêt.
Renouer
avec le Merveilleux, c'est bien sûr renouer avec le monde de l'enfance
et de la pensée magique, dans laquelle le désir est créatif, et le Réel,
une concrétisation du rêve. C'est aussi contribuer à réenchanter le
monde en posant sur lui un regard d'émerveillement.
De
fait, l'engouement récent pour les quêtes initiatiques, les aventures
chevaleresques et les univers féeriques et légendaires –qu'il s'agisse
de la redécouverte, par le livre ou au cinéma, de la geste du roi Arthur
et des chevaliers de la Table ronde, du Seigneur des Anneaux de J.R.R.
Tolkien, de la saga Star Wars ou des recettes de sorcellerie enseignées
dans l'étrange école fréquentée par Harry Potter – montre bien que le
Merveilleux, loin d'être une vieille lune poussiéreuse, propose des
réponses parfaitement adaptées aux défis de notre monde orphelin de sens
et de valeurs.
De
nombreuses créations contemporaines s'inspirent d'ailleurs ouvertement
de cet environnement merveilleux – à travers les jeux de rôles, les
romans d'Heroic Fantasy, les feuilletons télévisés ou le cinéma -,
empruntant souvent leurs motifs à des sources anciennes que le public,
friand de ces fictions imaginaires, ne connaît pas toujours.
Les peuples du Merveilleux.
Tel
est donc l'objectif de cette encyclopédie virtuelle : livrer, de façon
précise, authentique et documentée aux sources les plus fiables,
l'origine et la description des éléments composant l'univers
merveilleux : les peuples de la lumière, les animaux du bestiaire
fantastique et les peuples de l'ombre.
Entendons-nous
bien : la frontière entre ombre et lumière n'est pas aussi tranchée,
dans l'univers du Merveilleux, que notre raison le souhaiterait. L'on
s'en apercevra vite en parcourant les pages qui suivent ; si les peuples
de la lumière sont composés des glorieux anges, des bonnes fées et des
gracieux elfes, ils comportent aussi les nains difformes, les
redoutables gobelins et les cruelles sirènes. Les créatures de Féerie ne
sont jamais totalement bonnes ni totalement méchante ; elles n'ont
aucune notion de morale humaine, et affichent des visages souvent
paradoxaux.
De
même, si les recherches ont ici été limitées à la culture occidentale –
car il existe également un Merveilleux asiatique, oriental ou
amérindien, tout aussi riches que le nôtre -, elles ont toutefois été
étendues aux mythologies gréco-romaines, celtiques, germaniques et
nordiques, ainsi que, parfois, à des cultures extra-européennes, lorsque
certains éléments d'un Merveilleux étranger étaient venus enrichir le
nôtre ; c'est pourquoi on trouvera un article sur les djinns orientaux,
comme on en trouvera sur les faunes latins, les dieux nordiques, les
nains germaniques ou les lutins bretons.
Il
est temps de tourner la page, et de plonger dans cet univers
merveilleux, non sans avoir prononcé la phrase rituelle, qui ouvre tous
les enchantements : « Il était une fois... »
« Rien n'existe qui n'ait au préalable été rêvé. »
[Ismaël Mérindol, Traité de Faërie, 1466]

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